Quand la pénurie d’enseignants est traitée comme un problème de vivier : analyse critique de la réforme française 2025 du recrutement et de la formation initiale
Congrès du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
La formation à l’enseignement, L’insertion dans l’enseignement, L’exercice de la profession enseignante, La recherche comme levier à la professionnalisation, Attraction, recrutement et rétention du personnel éducatif en période de pénurie, Programmes de formation initiale, Formation continue et développement professionnel, Insertion professionnelle des enseignant·e·s, Professionnalisation de l’enseignement, Gestion scolaire et gouvernance, Stress, bien-être et résilience chez les enseignants et les élèves, Formation initiale et contractualisation (formation des vacataires), Attractivité du métier et réformes structurelles, L’évaluation des compétences professionnelles, Contextes spécifiques d'insertion, Carrière et évolution de la profession, Analyse de pratiques, Formation par la recherche, Méthodologies de recherche-action et Dispositifs de formation par la recherche
Symposium
Résumé
La réforme française 2025 du recrutement et de la formation initiale des enseignants avance les concours à bac+3 et réorganise le parcours vers un master professionnalisant. Cette communication propose d’analyser cette réforme comme une réponse institutionnelle à la pénurie d’enseignants. Elle s’appuie sur un corpus de textes réglementaires, de documents ministériels et de discours institutionnels publiés autour de la réforme. L’analyse replace d’abord cette évolution dans l’histoire française du recrutement, depuis les écoles normales et les IUFM jusqu’à la mastérisation, afin de montrer le retour d’une logique de recrutement en amont. Elle interroge ensuite la manière dont la réforme définit le problème public de la pénurie : manque de candidats, fragilité des viviers, coût d’entrée dans le métier, besoin de professionnalisation ou crise plus large de l’attractivité enseignante. L’hypothèse défendue est que cette réforme agit principalement sur l’amont du parcours, en cherchant à capter plus tôt les candidats, à sécuriser leur trajectoire et à rendre la formation plus lisible. Elle ouvre ainsi une tension entre recrutement, qualité de la formation et rétention. La communication discutera enfin les liens entre attractivité, mal-être enseignant, conditions d’entrée dans la profession et maintien durable dans le métier.
Auteur·e·s
Université de l'île de La Réunion - Réunion
L'auteur est psychologue, maître de conférences en Psychologie et Sciences de l’Éducation à l’Université de La Réunion. Enseignant à l'INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l'Éducation), ses recherches portent sur les questions de bien-être à l’École. S'appuyant notamment sur une approche clinique du développement des enfants et des adolescents, il s'intéresse aux dynamiques pédagogiques qui soutiennent la relation des élèves au savoir, notamment chez les enfants qualifiés de haut potentiel ou « Awareness Personality » (2024).
Université Gustave Eiffel | Laboratoire MODIS - France
Docteur en sciences de l’éducation et de la formation. Actuellement, chargé de recherche au laboratoire MODIS (Université Gustave Eiffel). Ses travaux ont porté sur le bien-être des enseignants et les dynamiques d’engagement professionnel, mêlant sciences sociales et mathématiques appliquées. Il est à l’origine de l’outil de mesure nommé l’« entropie des facteurs » ainsi que du « principe d’unanimité », conçus pour mieux comprendre la statistique des dynamiques collectives sur les questions du bien-être et de la satisfaction au travail.
Séance
V302
Heure
2026-12-04 12 h 00
Durée
20 minutes
Salle
Bâtiment A - 9A (2e)