Pénurie et persévérance professionnelle : comment les enseignants de seconde carrière réussissent-ils à se maintenir au sein de la profession en Belgique francophone ?
Congrès du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
Attraction, recrutement et rétention du personnel éducatif en période de pénurie
Symposium
Résumé
Depuis plusieurs décennies, les carrières sédentaires s'effacent progressivement en raison de mutations structurelles incitant les travailleurs à développer de nouvelles compétences (Kovalenko & Mortelmans, 2014). Cette dynamique de reconfiguration de l’agir professionnel engendre des mobilités. Certains individus quittent leur secteur professionnel d'origine pour se réorienter vers l’enseignement (Balleux & Perez-Roux, 2011). L’attention portée à ces « enseignants de seconde carrière » s'inscrit dans un contexte d'inquiétude concernant la pénurie d’enseignants se faisant ressentir depuis deux décennies (Baeten & Meeus, 2016). Pour pallier ce phénomène, les politiques éducatives élargissent l’accès à la fonction à des professionnels avec peu voire pas de formation pédagogique (Coppe et al., 2022). Si ces enseignants occupent une place grandissante notamment dans les filières techniques et professionnelles, leur taux d'attrition en Belgique francophone atteint 49,6% dans les cinq premières années d’exercice (Coppe, 2022). Face à l’ampleur de ces départs précoces, il s’avère pertinent d’interroger ceux parvenant à la persévérance professionnelle (Portelance et al., 2014). Dans cette perspective, cette communication présente l’analyse de 18 entretiens semi-directifs menés auprès d’enseignants de seconde carrière en poste dans l’enseignement secondaire qualifiant belge francophone. Les résultats révèlent que les participants attribuent leur persévérance à une combinaison de facteurs intrinsèques et extrinsèques.
Auteur·e·s
Université de Mons - Belgique
Estelle Desablens est titulaire d’un Bachelier d’Institutrice Primaire (2021) et d’un Master en Sciences de l’Éducation (2024). Son mémoire de Master, portant sur l’insertion professionnelle et le maintien d’enseignants de seconde carrière, lui a valu le prestigieux Prix Philippe Maystadt décerné par l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur (ARES). Depuis 2024, elle travaille au sein du Service des Sciences de l’Enseignement et de la Formation de l’Université de Mons (Belgique) dirigé par le Professeur Marc Demeuse et poursuit ses travaux de recherche sur cette thématique. À ce titre, elle mène actuellement une thèse de doctorat, financée par le Fonds de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS), s’intéressant plus spécifiquement à la rétention des enseignants de seconde carrière exerçant dans l’enseignement secondaire qualifiant belge francophone.
Université de Mons - Belgique
Titulaire d’un doctorat en sociologie et d’un master en statistiques, Sandrine Lothaire est Chargée de cours au sein du service de Pédagogie et Méthodologie de l’Enseignement de l’Université de Mons. Ses travaux de recherche portent, d’une part, sur le groupe professionnel enseignant, sa carrière et la formation initiale y conduisant et, d’autre part, sur l’analyse des politiques éducatives et du système éducatif. Elle intervient, par ailleurs, dans plusieurs cours dispensés en formation initiale à l’enseignement (futurs enseignants des niveaux fondamental et secondaire) ainsi que dans le master en sciences de l’éducation, le certificat d’aptitude pédagogique approprié à l’enseignement supérieur, le master de spécialisation en pédagogie universitaire et de l’enseignement supérieur et le certificat d’université en pédagogie de l’enseignement supérieur universitaire (co-)organisés par l’Université de Mons.
Séance
J405
Heure
2026-12-03 15 h 15
Durée
20 minutes
Salle
Bâtiment B - 3B (RDC)